Jeudi 17 janvier 2008

La météo pour les prochains jours est tout a fait favorable pour notre départ en Cappadoce. La neige a décidée une trêve provisoire afin de nous laisser le temps d’admirer cette magnifique région. La température oscille entre zéro et moins vingt cinq la nuit et nos vêtements de montagne vont nous être très, très utiles.

Les équipages francophones de Lumiel, Aquarellia et Umiak sont parés pour appareiller à bord du monocoque « Panzer division » avec le viseur en étoile à l’avant pour une croisière terrestre de quelques jours.

Première question posée par le skipper d’Aquarellia cela va sans dire, qui pour l’occasion s’est armé de son pinceau de montagne : A quoi sert cette drôle de barre à roue à trois branches soudée à l’avant du Bus ??)

 

La Cappadoce ça se mérite et notre trajet de sept heures de bus heureusement effectuée de nuit va laisser quelques traces dans les organismes. Après de nombreux arrêts programmés par la compagnie pour délester le voyageur de quelques « liras » dans les relais routiers, nous descendons du bus les muscles engourdis par la station assise. Il est sept heures du matin, nous sommes en plein centre de Göreme, le berceau de l’histoire et il fait certainement moins quinze dans le meilleur des cas quand le soleil semble décider à venir nous rejoindre pour notre première journée.

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Notre premier réflexe est de nous réchauffer avec un « Tuquish Tea », nous entrons donc dans un immense bar qui semble être le lieu de rendez vous de tous les joueurs de Okey du village bien décidés à se réchauffer devant les quelques radiateurs qui essayent tant bien que mal de lutter contre le froid hivernal.

 

En milieu de matinée après avoir visité plusieurs pensions, notre choix se fixe sur une charme pension ( Shoestring Cave Pension) dont les chambres, creusées dans la roche sont chauffées ce qui semble plutôt rare dans la catégorie de prix qui nous intéresse.

 

Tenue par une nouvelle race d’hôtelier : le Cow-boy Cappadocien, Jeans – Santiag et Stetson (avec en prime un remarquable sens de l’accueil), l’endroit est fort sympathique et après avoir pris nos quartiers dans notre nouveau camp de base, nous décidons de partir faire une première découverte des alentours.

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L’histoire de la Cappadoce débute plusieurs milliers d’années avant notre ère avec le refroidissement des laves du volcan qui va transformer la région de Göreme. Toute la région va subir une gigantesque érosion, les vents et l’eau vont sculpter ce qu’aucun humain n’aurait pu imaginer. La nature va donner naissance aux fameuses cheminées de fée.

Les plus nantis peuvent maintenant découvrir en montgolfière ces paysages surnaturels, mais les bons marcheurs sont récompensés de leurs efforts car tout autour du village du haut des falaises on bénéficie d’un panorama extraordinaire.

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Après des siècles de tolérance religieuse permettant au catholicisme de se développer et de construire dans la région plus de quatre cent églises, la montée en puissance de la religion musulmane va contraindre les chrétiens à se cacher dans la vallée de Göreme qui signifiait : « Que l’on ne peut voir ». Profitant des orifices naturels dans les cheminées et dans les roches les chrétiens ont laissés en héritages de nombreux lieux de culte taillés à même la roche et dont les peintures polychromes ont pu être en partie conservées.

 

Fermées pour éviter les dégradations, nous avons récupéré la clef de l’église de Yusuf Koç auprès d’une famille qui habite comme il y a des milliers d’années dans une grotte dont l’unique pièce ne dépasse pas dix mètres carrés.

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Pour accéder à la porte de cette minuscule église il faut grimper un petit escalier métallique et une fois à l’intérieur l’impression que l’on peut ressentir est difficile à décrire. 

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Creusée dans une haute cheminée de fée, l’église fut utilisée comme pigeonnier pendant une courte période. Construite après la période iconoclaste, les colonnes se sont malheureusement effondrées, mais les fresques sont restées en partie intactes.

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Pour terminer cette journée riche en émotions visuelles nous avons décidé d’aller dîner dans un petit restaurant que nous a recommandé Lucky Lucke. Comme le four était à l’extérieur du restaurant et que la température avoisinait les moins vingt degrés, et malgré la bonne volonté évidente de la cuisinière, nos malheureuses crêpes avaient dix fois le temps de se congeler pendant le trajet. A l’intérieur du restaurant, l’unique chauffage électrique avait bien du mal à nous persuader que nous ne dînions pas en terrasse. Qu’importe : le chaleureux sourire de la patronne et la joie du patron de pouvoir nous faire admirer l’album de famille a fini par nous réchauffer. De retour dans notre pension, la température de notre chambre est quasi indécente. Nous avons l’impression de pénétrer dans un sauna et il nous faudra bien quelques minutes pour constater que c’est en réalité l’écart de température avec l’extérieur qui nous donne envie de laisser au bord du lit les chaudes couvertures que nous avons apportées. La température dans la chambre ne doit pas excéder dix degrés soit trente cinq degrés de différence avec l’extérieur !!!!

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Le lendemain, nous décidons de prendre un « dolmuch » (mini bus faisant office de taxi collectif en Turquie) pour nous rendre dans le village de Derinkuyu et visiter la plus spectaculaire des nombreuses villes souterraines de Cappadoce. En attendant le passage du bus, un voyagiste nous propose le même prix pour nous conduire sur le site et nous indique que nous pourrons nous arrêter ou bon nous semble au retour. Pourquoi nous entasser dans un bus préhistorique quand un minibus flambant neuf conduit par un chauffeur « aux petits oignons » vous tend les bras !!!

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Ben non........... ce n'est pas tout à fait celui là !!!

 

Agnès ou moi avons pris l’habitude de monter si possible à coté du chauffeur. Cela permet de rompre rapidement la glace et de faire plus ample connaissance avec celui qui est censé comprendre immédiatement notre aversion pour les pièges à touristes.

Cette fois encore, c’est gagné nous aurons pour toute la journée un chauffeur privé qui semble réellement apprécier la compagnie de ces trois familles de navigateurs.  

 Direction Derinkuyu:

La ville souterraine de Derinkuyu est située à presque mille quatre cent mètres d’altitude. Découverte par le plus grand des hasards elle est depuis quelques dizaines d’années ouverte au public et figure parmi tente six villes souterraines recensées à ce jour qui permirent aux chrétiens de propager en cachette leur religion.

 

Profonde de plus de quatre vingt mètres sur plus de huit niveaux, cette ville abritait une population d’environ dix mille personnes. Si l’on admet qu’il fallu en Egypte plus de cent mille ouvriers travaillant pendant trente ans pour construire les pyramides, combien de personnes ont sué sang et eau pour réaliser à l’aide de moyens rudimentaires un tel réseau souterrain ?

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Le système d’aération de la ville est si bien réalisé que la température y est constante et varie entre treize et quinze degrés. Le renouvellement de l’air est assuré même au plus profond des nombreuses galeries, celles-ci ont été taillées dans une roche tendre qui a par la suite durcie au contact de l’air. C’est en creusant du bas vers le haut une fois les cheminées d’aération réalisées que ce titanesque travail d’excavation a pu être réalisé.

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Lorsque la ville était assiégée, d’énormes portes rondes taillées dans la pierre mettaient à l’abri les habitants de la ville, car elles ne pouvaient être ouverte ou fermée que de l’intérieur. Il suffisait de les faire rouler en travers des galeries pour en fermer l’accès.

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                                             LA VILLE SOUTERRAINE
                                                          
 

Le plan ci-dessous permet de mieux visualiser l’immense travail réalisé par la main de l’homme. (plan/texte:Omer Demir)

undefined1= Entrée ; 2= Entrées closes ; 3= Canal ; 4= cheminées d'aération ; 5= Eglise ; 6= Portes de pierre  

Les galeries ont été creusées de bas en haut une fois les puits d’aération finalisés qui descendaient jusqu’à quatre vingt cinq mètres de profondeur et servaient dans la partie la plus basse de réservoirs d’eau.

Le travail d’excavation et d’évacuation de la terre à une telle profondeur a été rendu possible grâce à la parfaite ventilation du réseau. La terre qui a été évacuée aurait pu former une immense colline facilement repérable et il a donc fallu transporter bien loin la terre afin de préserver la fertilité de la vallée.

 

Les 1er et 2 ème étages étaient réservés à l’école, aux cuisines, aux chambres, salle de repas et étables.

Les 3 ème et 4 ème niveaux servaient de cachette, de dépôt d’armes et tunnel de liaisons ( on un tunnel se trouvant au 3 ème niveau communiquait avec la ville de Kaymakli distante de presque huit kilomètres.

Plus bas les niveaux intermédiaires servaient de lieu de culte enfin au niveau les salles servaient de caveaux funéraires.

 
                                          

Pour nous remettre des quatre cent vingt marches que nous avons du arpenter le dos courbé la plus part du temps, notre chauffeur va nous dénicher dans le village d’Uchisar: Le “Paganini” du Panini et de la Pizza Turque (La Pidé Mushrum). Un véritable artiste local qui nous régalera autant par sa dextérité que par la qualité de sa cuisine.

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La « Pidé » est une sorte de pizza de forme allongée faite avec une pâte à pain et cuite au feu de bois. Pour moins de trois euros vous avez en Turquie un repas complet : Salade et tomates en entrée , Pidé au choix et « Turquish thé » offert….. On est bien loin des indigestes éponges à graisse de Monsieur Donald.

 

Comme notre chauffeur à une la bonne idée de nous arrêter dans ce superbe village, nous en profitons pour aller visiter la citadelle que l’on peut escalader par trois chemins pour rejoindre tout en haut le poste de garde qui surplombe toute la vallée. 

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Chaque nouvelle marche nous fait découvrir un panorama absolument extraordinaire et la fatigue musculaire laisse vite place à l’enthousiasme de pouvoir profiter d’un tel spectacle.

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Du sommet de la citadelle une vue à 360° s’offre à nous.

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Majestueux du haut de ces 3268 mètres le sommet du mont Hasan Dagi dans sa traîne hivernale illumine le fond de la vallée.

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Le temps d’une photo avec notre adorable chauffeur et nous rentrons à Göreme après avoir pris rendez vous avec lui pour le lendemain (Après une rapide et cordiale négociation facilité par le pour boire qu’il vient de recevoir de la part des « Frenchies » Yuksel nous propose de nous faire découvrir avec lui toute la région pour le prix d’un trajet en Dolmush !!!! )

 

Lorsque nous arrivons dans notre pension, il fait presque nuit et la température avoisine les moins vingt degrés. Nous avons décidé d’aller nous restaurer dans le très connu et très branché (sauf en ce qui concerne le chauffage) « SOS restaurant ».

Le restaurant doit être une fournaise en été car il est entièrement vitré et situé en plein milieu du village et comme il est ouvert au soleil, vous aurez tout de suite compris qu’en hiver vous devez dans le meilleur des cas à minima dîner en « Damart collection Himalaya » , polaire Patagonia et veste de haute montagne Goretex, Latex, Durex et autre isolant multi action. 

Et si l’envie vous prend de vouloir aller aux toilettes (au fond de la cour à gauche) faites en sorte de contenir votre incontinence passagère sous peine de voir vos semelles « thermo-paniquées » se souder pour l’éternité sur l’accueillante faïence des cuvettes turques.

 
Fin de la première partie….
par Jean-Jacques publié dans : Voyage communauté : voyages aux 4 coins du monde
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